Fleubleubleblublberlin!

C’est vers la mi-juillet que les signes ont commencé à se multiplier. Un matin je sentis l’air s’épaissir, augurant le retour appréhendé d’une ère d’apathie. Les rassemblements se firent plus rares. Mes camarades semblaient tomber les un après les autres, comme subitement assommés par des besoins d’étranger. Accablés d’oisiveté, nous errions de cachot en donjon entre les murs sombres et étroits de la grotte dépravée que nous appelions maison.

Et pourtant l’impensable était possible. J’avais tout ce qu’il me fallait pour m’enfuir, et m’épargner un autre mois d’été à Madrid. Armée de mes cliques et mes claques, j’entrepris d’abandonner mes compagnons de routine et troquai une nouvelle fois ma zone de confort pour un peu d’inconnu.

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Berlin

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Ma première impression prit place dans les transports en commun entre l’aéroport le plus paumé et le quartier le moins notable de la ville. Je commençai donc sur les chapeaux de roues en m’autorisant une seconde première impression, qui cette fois-ci serait la bonne.

Une fois mes valises en sécurité et mon skate sous les pieds, je me rendis au spot touristique le plus proche qu’on m’avait conseillé : le Mauerpark. Je rentrai quelques pintes plus tard avec mon premier bon souvenir, quelques numéros de téléphone (dont je ne fis bien entendu aucun usage ultérieur) ainsi qu’un aperçu du fameux mur.

En parlant de parcs, peu après mon arrivée j’ai aussi été invitée à passer un moment sympa au Gorlitzer Park, dont je ne connaissais alors rien. Une recherche google m’a cependant vite éclairée :

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Réputation au demeurant bien méritée, puisque je fus maintes fois abordée par de joyeux individus visiblement affectés par une endémie de conjonctivite. C’est aussi là qu’à une autre occasion, j’ai pu rencontrer une autre bande de joyeux individus à la sclère peu claire et à la chevelure fantaisie :

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A partir de ce moment tout s’est enchaîné, le Trésor, l’IPSE, le Ritter Butzke, le Monsterkabinett, sans mentionner quelques tentatives échouées de rentrer dans des endroits trop bien pour nous, et puis aussi le DRINK DRUNK qui aurait quand même pu nous sponsoriser vu le temps qu’on y a passé à essayer de savoir où aller pour arrêter de marcher sur des seringues usagées. Je prendrai quand même la peine de m’attarder un peu sur le Farbfernseher, dont la porte d’entrée ô combien accueillante a tout de suite su agréer mes sentiments les plus distingués à la sortie du Gorlitzer Park :

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Cependant, un peu à l’instar de Berlin, il fallait vraiment rentrer dans le truc pour se rendre compte qu’en fait, baaah en fait c’est vachement bien ! Je vais pas trop m’étaler parce que c’est plus tout frais dans ma tête, mais si un beau jour vous êtes à Kreuzberg et ne savez pas trop où aller avant d’aller clubber, passez-y histoire de boire un coup et de voir ce qu’on peut faire de sympa avec des platines et quatre murs décrépis.

Enfin là je vous la joue un peu à l’envers en commençant par la fin. En vrai, avant de commencer à créer des liens je suis passée par une longue période de solitude moderne où ma vie sociale consistait principalement à refuser de parler à des gens sur Tinder. Heureusement j’ai fini par m’en sortir. Et comment me direz-tu? Eh bien en ravalant ma fierté et en tapant “How to meet people in Berlin” sur Google.

C’est ainsi que j’ai découvert l’existence du subreddit Berlin Social Club, où des gens qu’on pourrait croire désespérés écrivent pour demander à en rencontrer d’autres. Veni vedi vici, j’ai pris mon spray au poivre à deux mains et j’ai écrit moi aussi. Ça m’a permis de rencontrer quelques hommes (ça reste Internet quand même) en quête d’amitié (évidemment) qui se sont tous avéré sympathiques et m’ont permis de reprendre un peu goût à mon séjour. Tout ça pour dire que si un jour vous vous retrouvez en proie aux longs ennuis, n’hésitez pas à chercher des amis sur Reddit.

Quoi d’autre? Ha oui, ça :

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Vous aimez le gras, la viande et la sauce blanche? Cette fois je ne parle pas de sites de rencontres, mais bien de Doner Kebap dans le sens le plus gastronomique possible du terme. Vous aimez ça? Mangez-en! Vous n’aimez pas? Mangez-en quand même. Vous êtes végétarien? Ptdr je m’en balek, mange. A Rome on fait comme les romains et à Berlin on mange comme des baltringues, ça fait partie du charme et c’est un mal nécessaire.

Cependant, ne vous enfilez pas de triple shawarma avant d’aller au Mémorial de l’Holocauste, parce que c’est une visite qui risque de vous retourner les tripes. Si vous savez faire abstraction des sous-gens sans respect qui crient et courent entre deux selfies #auschwitz, c’est un putain de monument à vivre.

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De haut ça ressemble à ça. Par contre de côté ça ressemble à rien. Coincé entre deux routes et trois stands de currywurst, de loin j’ai cru à un vieux champ de béton en arrivant. Mais une fois de plus, il faut vraiment rentrer dans le truc pour comprendre. Au fur et à mesure que tu avances les stèles se font de plus en plus imposantes, jusqu’à ce que tu te retrouves petit, et seul, et soumis comme la petite merde que tu es, et n’importe qui pourrait surgir de derrière un élément du dédale pour te prendre ce que tu as de plus précieux, comme par exemple ton téléphone cellulaire et ta carte de métro. Ensuite tu multiplies l’inconnue par plein pour corréler tout ça à l’Holocauste, et tu te retrouves avec une grosse larme à l’œil entre deux merdeux hyperactifs et un couple de boloss instalove. Juste puissant.

Que dire de plus? Berlin, je crois bien que toi et moi on s’est bien plu. J’aimerais te revoir, apprendre à te connaître, me réveiller dans tes draps tous les matins, jusqu’à ce qu’un beau jour tu me gonfles et que j’aille voir ailleurs.

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C’est à l’écoleuh tagadagada

Quel était le programme fleubleubleuh collection automne-hiver 2015 ? J’ai consulté les archives et elles sont sans appel: tous les indices concordent et nous mènent vers la piste d’une reprise universitaire réussie.

Pourquoi ? Comment ? Bravo ! Voici donc les réponses à toutes vos exclarrogations.

  • Alors, techniquement

Techniquement j’avais déjà validé 2 années de LEA anglais-espagnol sur la west coast de fwance, ce qui me rendait éligible pour une 3ème année avant l’obtention d’une Licence. Historiquement, la fac de Toulouse est en copinage avec l’Institut Français de Madrid depuis plus d’un siècle. Concrètement, elle y propose tous les cours de L3 LEA et LLCE espagnol pour qui veut bien y venir, sans faire partie du programme Erasmus. Financièrement, c’était aussi ma dernière chance d’étudier en formation initiale, par opposition à la formation continue qui s’adresse aux professionnels et revient dix fois plus cher. Logiquement, j’ai donc saisi l’opportunité de continuer mon cursus sans avoir à trop me mobiliser.

  • Du coup, concrètement

En proie à un doute existentiel et administratif dû à ma nature poly-active (c’est mon blaze à l’URSSAF), j’ai repoussé mon inscription jusqu’à la dernière minute. C’est pourquoi j’ai débarqué une semaine après tout le monde, relaxed and focused et surtout prête à me relever les manches et à donner de mon âme pour mon premier cours de “Préparation au stage”.

C’est dans cet état d’esprit que je me suis levée aux aurores (enfin à 8 heures quoi) pour me rendre devant la salle 205, la panse pleine de papillons à l’idée de rencontrer mes professeurs et camarades de classe. Une fois les radieux céphalions désséchés en milles mites à force d’attente stérile, je me suis renseignée en vain, avant d’abandonner et d’en revenir à l’école de la vie. Mon premier jour avait commencé sur un cours qui n’aurait en fait lieu que 2 fois dans l’année, et comme tel s’était conclu sur un échec. MDR!

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Heureusement, le deuxième jour fut une réussite! J’ai pu rentrer en classe en toute discrétion (non vraiment, je suis sûre qu’aucun des 18 élèves présents n’a remarqué l’incruste) et rencontrer María Vázquez García Gómez Pérez Fernández*, une jeune prof espagnole extra bonne absolument adorable qui s’est chargée de faire les présentations et de commencer le programme en douceur.

Jusqu’au premier incident technique.

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Le tableau interactif venait de freezer sans qu’on pût rien y faire. Comme irrémédiablement, comme si c’était écrit. Dans cette situation, quelle réaction attendre d’un groupe d’étudiants toulousains frivoles ? Des esclaffades, des chiffonades, des ricanements, des appels au blocus au pire ?
Que nenni ! María s’en fût en quête d’assistance, et les quolibets du quotidien reprirent comme si de rien n’était. Comme s’il n’y avait pas matière à railler, comme si le sarcasme n’avait pas existé, comme si personne ne savait qui était cet homme à la moustache rieuse. Je n’ai jamais pu comprendre, car malgré mes doutes initiaux mes camarades étaient bel et bien de joyeux lurons immatures eux aussi.

  • Au final, académiquement

Pour rappel, la licence LEA consiste en anglais + espagnol (ou autre idiome) + initiations à des matières diverses et variées, souvent avec un rapport au biz et à l’oseille. En l’occurrence, ayant peu de choix quant à la spécialisation, j’ai opté pour du commerce international et me suis retrouvée à tâter aussi bien de la compta et des statistiques que du droit commercial, du marketing, de la logistique (d’où les blagues absconces sur les conteneurs multimodaux, je n’invente rien) et de l’informatique (enfin niveau A2, ASSR vélo ou brevet des collèges, la base quoi).

Du coup forcément, autant en sortant du lycée le niveau de difficulté me semblait décent, autant après avoir pratiqué et tâté du biff pendant quelques années c’était plutôt :

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Et alors ? D’après mon expérience, le grand revers de la réussite universitaire c’est que TOUT LE MONDE S’EN TAPE. A part ta mamie et quelques profs reconnaissants de t’avoir comme “élève-moteur”, il n’y a personne pour te tapoter l’épaule avec fierté quand ta moyenne semestrielle tombe. Au moins au boulot, en plus du salaire il y a (presque) toujours un collègue, un manager ou un client sympa pour remarquer que tu fais du bon boulot. En comparaison, étudier m’a paru un job relativement ingrat.

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Du coup, concrètement, si ça peut vous intéresser l’endroit s’appelle le Centre d’Etudes Universitaires de Madrid ou le CEUM (ouais…) et vous pouvez trouver toutes les infos ici. Ne croyez pas les mentions “immersion complète”, tout se passe au cœur de l’institut français, avec des élèves français et des profs majoritairement francophones. Ça reste tout de même une expérience que je recommande très chaudement pour la taille très réduite des classes (19 en LEA et seulement 8 en LLCE cette année), la modernité des bâtiments et des installations (parquet ciré et TBI dans toutes les salles svp) et sa grande facilité d’accès comparé à un échange ERASMUS.

En bref, une excellente façon de faire ses adiós à la licence.

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Fin de l’embargo sur la techno

Guerriers ! Comme je le mentionnais en vous racontant mon départ d’Amsterdam, un jour viendra où je me réconcilierai avec la capitale hollandaise. Afin de ne pas finir traumatisée à vie comme je le suis déjà d’une mauvaise chute en poney, j’ai décidé de créer cette occasion moi-même et de réserver mes billets pour la fête la plus cool de l’année… J’ai nommé KING’S DAY !
Maintenant que les présentations sont faites, faites donc rentrer l’encensé.

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Alors ouais pareil, quand on m’a dit « viens à la fête du roi on va trop loliloler » est apparue dans mon esprit une fête nationale bien chiante avec défilé de militaires, cacophonie pétardesque et autres démonstrations citoyennes sans intérêt. Mais tout comme vous, j’avais TORT car afin de stimuler les sentiments patriotiques les plus sincères, la fête nationale hollandaise a été conçue avant tout pour le divertissement populaire. C’est pourquoi King’s Day (anciennement Queen’s Day) se déroule fin avril dans toute la Hollande et repose sur 3 piliers essentiels:

– Orange pour tous28894_fullimage_Koninginnedag_Amsterdam_560x350

– Du gros son

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– Et surtout beaucoup d’amourre et de petites têtes rousses

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Pour l’occasion, tous les lieux d’enjaillement du pays sont bien entendu en émoi et proposent la crème de la crème de la chouille, comme on dirait en déjà vieux français. C’est donc l’occasion idéale pour promener votre street cred et redécouvrir les plaisir technolifiques que la ville a à offrir. Les canaux ne sont bien entendu pas en reste, et s’engorgent non seulement de canettes et de pisse mais surtout de bateaux acheminant de bar en bar des foules de privilégiés éméchés. Mention « merci c’est sympa » pour le vrijmarkt, un genre d’appel national au marché aux puces, qui vous permettra de faire du shopping C2C véritable à peu près n’importe où dans l’ensemble du pays.

Cet article ayant pris quelques nombreuses semaines de retard, je me contenterai d’y évoquer mon périple de l’année passée. Que m’attendait donc dans les plates, mais néanmoins animées contrées néerlandaises le 27 avril 2015 ?

Hé bien tout d’abord du orange, ou plutôt du « Saumon Fukushima » comme dirait un copywriter La Redoute en excès d’inspiration indésirable.

lolams2Comme un air d’invitation au daltonisme.

Puis bien sûr, DU GROS SON.

Désolée pour ceux qui ont cru à une vidéo rigolote, ce n’était en fait qu’un aperçu de ce qu’il se passe vraiment dans les entrepôts d’Amsterdam. Point de palettes standardisées ou de conteneurs multimodaux, ici les préoccupations logistiques s’arrêtent une fois la porte d’entrée franchie. Une expérience anthropologique que je ne saurais trop recommander, à faire au moins une fois histoire de se faire changer d’avis sur la techno.

Puis enfin, une couchette spartiate au sein d’une superbe embarcation en compagnie de ma mie.

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Embarcation que je recommande par ailleurs chaudement malgré un léger manque de ponctualité quant à l’ouverture des douches, ce qui peut devenir une inconvénience majeure pour qui se réveille à l’aube du soir avec une haleine d’andouillette et des aisselles de moufette.

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Vrais problèmes demandent vraies solutions. C’est pourquoi, fidèles à nos racines de gangstères du ghetto charentais, nous avons su mobiliser les ressources nécessaires pour surmonter cet instant de désemparement.

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Une expérience de l’extrême, à faire juste une fois dans une vie histoire de repousser ses limites.

Et c’est ainsi que la page se tourne et que la routourne cherra. Je peux me retourner sur ces 8 mois à Amsterdam sans retrouver de dégoût pluvieux dans ma bouche. Mon mojo a pris le chemin du retour !

A bientôt les jeunes !

Retour chez les parle-fort

Vous l’aurez deviné; j’adore l’Espagne et elle me le rend bien. Il faut dire que nous sommes parties sur d’excellentes bases, à savoir un été comme Localization Tester à EA Madrid (expérience que je ne peux que vous recommander à moins que vous ne détestiez les jeunes, les jeux vidéo ou les CDD) Par la suite, la love story a continué de plus belle lorsque j’ai déménagé à Málaga, pour 6 mois durant lesquels j’ai appris qu’une ville peut être à la fois petite, moche et GÉNIALE (indice) Depuis, je m’évertue à évangéliser les bienfaits de cette contrée bénie par sa méridionalité et les bienfaits qui en découlent. N’ayant aucune raison de vous épargner, j’ai donc entrepris de faire une liste non-exhaustive des atouts du pays afin de vous aider à déterminer s’il s’agit de votre terre promise à vous aussi.

Alors, pourquoi aller en Espagne et ne plus jamais en repartir me direz-tu?

Première raison: La météo. Ca semble trivial et superficiel, un peu comme Facebook avant qu’on s’y mette, mais une fois que vous aurez connu des hivers sans froid et des étés sans pluie vous ne pourrez plus vous en passer. A titre de comparaison injuste, voici un graphique du climat madrilène accolé à celui du climat Amstellodamien (sisi c’est comme ça que ca se dit). Sachez qu’il est intéressant de noter que l’échelle des températures diffère et que les précipitations se répartissent sur 48j/an à Madrid, contre 185 à Amsterdam. (source) La question de savoir si une averse viendra gâcher votre pique-nique caritatif ou autre activité en extérieur bonne pour le karma ne se pose donc tout simplement pas lorsque vous prévoyez quelque chose.

 

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Deuxième raison: La bière, mais pas tellement pour la qualité. Une fois de plus, ça parait très #YOLO mais c’est un critère essentiel du bonheur à l’espagnole. Il ne s’agit pas uniquement d’une question de prix mais également de disponibilité, les deux formant une osmose parfaite dont on ne peut plus se défaire après y avoir goûté. En effet, non contente d’être très bon marché (2€ la pinte en moyenne d’après mon expérience et ce site) la bière est également trouvable à des heures avancées de la nuit grâce à ce qu’on appelle les chinos (=les chinois) des supérettes tenues par des asiatiques où l’on trouve de tout, notamment de l’alcool à un prix tout à fait raisonnable, et dont ont dit qu’elles ne ferment jamais sous peine de voir leur réputation gravement entâchée.
Vous trouvez toujours cet argument nul, voire invalide? Venez quand même, et vous constaterez que l’appel des chinos ne peut être ignoré. Car si vous n’allez pas aux chinos, les chinos viendront à vous : dans tous les lieux de borracheras (=cuite) possibles et imaginables, ils seront à votre disposition une fois la nuit tombée pour vous vendre des bière fraîches et non-entamées pour la modique somme d’un euro. Avant même de vous en rendre compte, entendre « ce’vezaaa ce’vezaaaa » dans la rue sera pour vous synonyme de félicité éthylique et d’immigration bienfaitrice.

L’ère du numérique voulant que je m’adresse à un lectorat potentiel de presqu’illétrés, voici une autre transcription graphique éloquente de la dissemblance Hollande/Espagne en terme de consommation houblonnière:

Bière, Pays-Bas.

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Binouze, Espagne.

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Cependant, cette comparaison étant à l’avantage des Pays-Bas visuellement parlant, je vous recommande de vous référer au texte ci-dessus afin de vous assurer de bien comprendre en quoi les soirées espagnoles sont absolument supérieures en terme d’égarement.

Troisième raison d’aimer l’Espagne: La langue. Car malgré des sonorités et un volume à priori barbares pour nos fragiles sensibilités francophones, l’espagnol est une langue facile et intéressante qui mérite le détour cognitif nécessaire à son apprentissage. Si vous aussi vous vous rappelez d’avoir répété des situations improbables et postilloné en essayant de chanter porque te vas en cours au collège-lycée, eh bien sachez que l’espagnol ce n’est pas ça.
En effet, l’espagnol est avant tout une langue qui permet de chier sur plein de choses. Là où nous pauvres francophones dirions simplement « fait chier » pour exprimer notre colère ou notre frustration, l’espagnol propose divers degrés d’intensité et de language afin de nuancer notre propos. En voici quelques exemples, classés du plus mignon au plus cru:

Me cago en la mar serena: Je chie dans la mer sereine. C’est déjà presque charmant en soi, mais le plus surprenant est que « mar », normalement utilisé avec le déterminant masculin « el », est ici féminin car apparemment « plus poétique » d’après un véritable espagnol. A noter qu’il est également possible de chier dans la mar salada, la mer salée, ce qui sous-entend un phénomène physique que je m’abstiendrai d’expliciter.
Me cago en la leche: Je chie dans le lait. VNR quoi.
– Me cago en dios: Je chie dans/sur Dieu, qui pourrait être traduit par « Holy shit » en anglais.
– Me cago en tus muertos: Je chie dans/sur tes morts. Le registre scato-nécrophile, une valeur sûre.
– Et enfin : Me cago en tu puta madre. Je chie dans/sur ta mère la pute. Bien qu’il apparaisse au top de ce micro-palmarès de la vulgarité, il s’agit d’une expression extrèmement banale que vous ne manquerez pas d’entendre lors de votre séjour (puisque vous avez déjà pris vos billets bien entendu)

Vous croyez avoir tout lu? Et bien NON. Car quand ils sont bourrés, les espagnols estan/llevan un pedo. C’est à dire qu’ils sont, ou, au choix, portent un prout. Ouioui ma bonne dame, un prout. Et ce n’est pas la seule expression qui vous induira en erreur, car il existe une muuuultitude d’expressions déroutantes basées sur los cojones, c’est à dire les testiboules, comme par exemple:
Tocar los cojones: Toucher les testicouilles. Ca sonne comme de la flatterie? Ce n’en est pas. Ca veut dire ennuyer, voire faire chier quelqu’un.
Llevar los huevos de corbata: Porter ses roupettes en cravate. Ca fait penser à poser ses couilles sur la table ou porter ses couilles dans une brouette, mais il n’est pas question d’imposer sa virilité ici puisque cela signifie être nerveux ou avoir peur.
Tener los cojones cuadrados: avoir les couilles carrées. En me tordant un peu le cerveau la seule signification « logique » qui me vient serait le fait d’être coincé ou rigide, alors que cela désigne la fatigue. Soit c’est sacrément capillotracté, soit j’ai raté un épisode sur le fonctionnements des gonades masculines.
– Je m’arrêterai ici pour l’instant, mais si les roubignolles espagnoles vous intéressent n’hésitez pas à consulter cet article (en anglais) pour en savoir plus !

Il y a bien évidemment d’autres raisons pour lesquelles vous devriez déménager immédiatement dans le pays le plus cool d’Europe, tout comme il y a des contre-indications à ce mode de vie polémique. Mais pour l’instant, je vais rester sur les 1108 mots que compte cet article (maintenant 1114) et sur ma fierté d’avoir écrit davantage sur la langue que sur la bière.

A bientôt les enfants! Et surtout gardez la pesh.

Aurevoir Hollande!

(malgré les apparences, ce post ne parle pas de politique.)

Après un hiatus aussi long que mes futurs cheveux (ils repoussent et J’Y CROIS) il semblerait qu’il est temps de redonner momentanément vie à ce blog mort-né. Pourquoi un abandon aussi précoce, me direz-vous? N’ai-je donc point de coeur?

Hé bien pour commencer, je dirais que suite à mon arrivée à Amsterdam la vie a été dure, très dure même, principalement à cause d’une situation professionnelle mal gérée. Mais je me suis accrochée. J’avais de bonnes raisons et de quoi me consoler.

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Mais au bout d’un moment, l’hydroponique et l’abondance ne suffisent plus et finissent même par se retourner contre vous. En complément de la pluviométrie et de la pantouflardise générale, le résultat fut un combo fatal à mon âme de vainqueur et à ma motivation à socialiser et à me bouger le fion.

Au bout de quelques mois, je parvint à obtenir une solution plutôt satisfaisante à mes soucis en passant en freelance pour le même travail. Quelques longues semaines plus tard, je recevai mon PC professionnel. J’achetai donc une chaise bien orange à Ikea (sans doute mon acte d’intégration le plus fort sur toute la durée de mon séjour, étant la couleur des Pays-Bas) et entrepris de me lever tous les matins à 9h et d’enfiler mon plus beau pyjama pour remplir mon devoir envers mes communautés depuis ma chambre de 15m².

L’été approchait, et toute guillerette je me préparai à me vêtir enfin de mes plus beaux haillons de Juillet. J’ignorais alors encore la terrible fatalité des étés hollandais… L’imprévisibilité fut totale. Dépitée par l’humidité, mais la tête pleine de souvenirs de techno party et de toxines en tous genres, je passai commande d’un aller-retour pour Madrid, puis d’un aller simple un mois plus tard.

Me voici donc revenue au point A, à l’origine de mon monde, là où le soleil brille dur, où la bouffe corrompt l’estomac et l’amitié le foie… L’ESPAGNE FFS!!!1 Et je suis bien prête à tirer le maximum de ce retour tant attendu, d’autant plus que je commencerai prochainement à bosser à mi-temps 

Amsterdam et moi sommes malgré tout restés en bon termes – nul doute que je reviendrai faire la paix. En attendant, voici quelques photos de qualité douteuse mais d’un intérêt ethnologique certain:

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Un bar qui ne se fait pas d’illusion, dans le quartier rouge (plus précisément aux abords d’une église entourée de vitrines habitées)

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Selfie en techno party avec une bande de parfaits inconnus

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Et le retour de ladite soirée, bien plus agréable que le passage par les quais à Bordeaux :)

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Héron héron vive le tout-piéton ♪


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De Roest, un bar/plage fort agréable lorsque le temps veut bien se montrer clément

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Misère Espagne-Hollande pendant la coupe du monde

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Météo typiquement hollandaise depuis ma chambre

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Passage d’un ferry pendant le 18 Hours Festival à Zaandam

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Spécimens néerlandais pratiquant la corde à sauter au Thuishaven Festival, nord-ouest d’Amsterdam (que je recommande chaudement pour un dimanche en immersion totale)

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Moquez-vous si vous voulez mais je n’avais jamais vu de soulèvements de route auparavant et je trouve ça fascinant

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Beach boat FTW

J’espère que cet article vous a plu et vous souhaite joie et réussite dans vos futurs projets. Bisous!

L’habler Franpagnol

(Malgré les apparences, ceci n’est pas le titre d’un film avec Gérard Jugnot.)

J’ai eu la chance d’observer un véritable espagnol dans son élément naturel pendant plusieurs mois . Outre les joies du tout-frit et des tartines à l’huile d’olive et au sucre au réveil (true story) il a aussi su m’apporter un regard nouveau sur ma langue maternelle.
A vrai dire il ne parle pas du tout français, et je crois bien que ça l’intéresse autant d’apprendre que moi de parler karakalpak, sauf que dans le cas présent il est plus compliqué pour lui d’éviter l’objet de son désintérêt que pour moi. Malgré cela, par pure choupiness il me sort parfois quelques formules de politesse que j’ai réussi à implanter dans sa tête malgré lui. Son accent semi-suspect qui sent bon la sierra périmadrilène parvient toujours à m’arracher une larmichette de fierté.
Mais le top du top, la crème de la crème, la cerise sur le chorizo, ce sont ses tentatives de français écrit. Je considère même qu’il en train de créer une nouvelle langue, que nous appelons affectueusement le « retardito », de retard = gogole en anglais, accolé du suffixe espagnol affectueux -ito.

Pour le moment, le retardito n’en est qu’à ses balbutiements. Mais puisqu’il s’agit de toute évidence d’une langue pleine d’avenir, laissez-moi vous enseigner ses rudiments d’une façon ludique.
Passons sur mersi bocù et derrian, plutôt transparents et simple à comprendre. Mais saurez-vous comprendre les mots suivants ?

atoAttends!
psi cupleS’il vous plaît

egscuseaExcusez-moi

aapla manuscrit(Indice de Monsieur: « c’est quand tu replaces l’oreiller ou que tu fais quelque chose »)
Hop là!

¡Vuala! Si besoin vous pouvez voir la solution sous les images en les surlignant. Mais je vous conseille de chercher d’abord, c’est plus marrant après une bonne prise de tête.

Ma première semaine à Amsterdam

Salut les jeunes ! Désolée mais là je vais un peu raconter ma vie, alors surtout dites-moi si c’est ennuyeux comme sujet.

Aujourd’hui est un grand jour dans ma petite vie de petite personne puisque je viens de débarquer à Amsterdam pour un boulot d’un an complètement nouveau. Je démarre une semaine chelou/relou de recherche d’appart, dans un pays pluvieux au language chreuchreutant et au marché de la location hostile et onéreux. Je m’habitue progressivement à voir ma vie défiler devant mes yeux quand je prends les escaliers et j’ai manqué de peu de me prendre quelques vélos, mais personne ne m’a encore souhaité d’attraper la lèpre bubonique… enfin je crois.

Si on omet un petit pincement au cœur en voyant s’éloigner les montagnes madrilènes, le voyage s’est vraiment passé sans aucun problème. Je n’ai pas eu l’impression d’être paumée plus de 5 minutes, et je me suis sentie immédiatement à l’aise une fois arrivée à destination. Grosso modo, je reste chez un particulier qui me loue un petit étage complètement indépendant à l’entrée de sa maison via Airbnb. Je pensais pas m’épancher là-dessus, mais c’est tellement un bon plan que je me permets de le partager avec vous. *blink*

Pour commencer j’ai donc, juste pour moi, une grande pièce avec une mezzanine géante, 3 lits simples, frigo/micro-ondes et un petit salon trop choupi, et puis une salle de bain bien entendu. J’ai tenté de prendre des photos avec mon portable mais je vais plutôt vous montrer celles du site, qui sont bien plus jolies et représentatives de la réalité:

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Cette dernière est prise depuis la mezzanine. Tout est récent, parfaitement clean et comme sur les photos. Ce qu’on ne voit pas c’est que la pièce est complètement indépendante que le plafond fait genre 6m de haut :) Notez également le petit coin bien pratique dans l’angle comprenant thé, café, couverts, micro-ondes et frigo. Il est également possible de se servir de la machine à laver que comporte la salle de bain. Tout est là et inclus dans le prix. Le matin à 8h le proprio me pose un bon petit dej sur la table, prend sa douche en 5min chrono et repart pendant que je dors dans la mezzanine. A part ça l’intimité et l’indépendance sont totales. Les drogues dures et la musique forte ne sont pas autorisées (désolée les enfants) mais on peut inviter des gens et fumer des spécialités locales à l’intérieur. ;)

C’est situé genre là :

Le coin est résidentiel mais il y a l’air d’avoir le nécessaire et le tram 17 peut commodément t’amener à la Station Centrale. Le métro doit pas être loin et y’a des bus super conforts et pratiques. Tout va bien quoi.

Alors combien me direz-vous ? Et bien là est le piège, puisqu’il n’y en a pas ! C’est 30€ la nuit petit dej inclus, par personne il me semble mais à 3 ou 4 ça doit pouvoir se négocier. 25 la nuit sans le petit-dej, ce qui même sur un mois me paraîtrait un loyer raisonnable pour la ville et la qualité du truc. Le détail qui tue ? L’argent va à un projet bien de développement de l’agriculture pour aider des familles à mieux kiffer la vie en Gambie.

Pour les intéressés, plus de photos et d’informations sur la page Airbnb.


Quoi d’autre ?

C’est joli, les apparts et magasins ont de grandes baies vitrées, l’ensemble est plutôt récent et dégage une forte impression de first world sexy par rapport aux bars à calamar espagnols (que je recommande cependant chaudement dans un autre style) L’ultra centre est vraiment très touristique mais il y a de beaux bâtiments et des ambiances hype. Les environs de la ville un peu plus résidentiels ont l’air agréables, mais vu que le boulot a l’air prometteur en terme d’investissement il se peut que je prenne un studio dans un endroit moche plus près du boulot et loin des choses de la vie. A ma grande déception, je n’ai pas trouvé de magnets de nourriture affreux. Il semblerait donc que ma collection doive se limiter à l’espagne pour le moment: 1004511_10201773751364636_1401479078_n Heureusement, dès la première boutique je suis tombée sur des cartes postales absolument indispensables. Exemple:

IMG_20140213_104421992 J’ai eu un rdv avec un banquier gamer sympathique et je me suis assise sur des murs en canapé (sisi) au centre des expats où tout le monde était beau, efficace et parlait anglais niquel. On m’a même donné un sac trop choupi avec des magazines, des livrets d’info maxi complets, des cartes et même une carte sim. Oui, une carte sim, allo quoi comment c’est trop bien§§ Evidemment j’en avais deja acheté une la veille à mes frais, mais j’apprécie le geste.

IMG_20140211_123058406 Mon futur collègue a été moins chanceux et a reçu un canard en plastique. Je trouve plutôt rassurant qu’ils se soient rendu compte qu’une carte Sim pouvait être un investissement plus judicieux.

Si je devais résumer mes premières impressions en image, je dirais un mix de tout ça: business-tax-extension1 stoned-party-dog-original4c8746e60ab4c-interesting_photo_07techno-viking-oLa semaine prochaine je ferai un article plus rigolo promis. Là je m’efforce d’être à jour et dans le vent tavu!